L'Europe en 1199.

Art et Culture.

Architecture.

En France, l'architecture religieuse est marquée à partir de 1140 par l'émergence de "L'Art nouveau". Ce mouvement, caractérisé par une volonté d'utiliser et de montrer l'ensemble des techniques connues, comme par exemple l'étroite association du verre et de la pierre ou bien encore par la richesse des sculptures.

L'abbatiale de Saint Denis (1140) et Notre Dame de Paris, dont les travaux ont débuté en 1162, illustrent l'architecture française de l'époque, dont le style est repris en Espagne (Santa Maria de la Real de Sangüesa par exemple).

En Angleterre, en Aquitaine, en Normandie, et surtout en Italie, le style roman reste prédominant. On note aussi, un peu partout en Europe, une influence byzantine, dans les vitraux par exemple.

L'architecture militaire est marquée par des constructions telles que Château Gaillard, ou Le Louvre.

Littérature.

Deux oeuvres majeures datent de cette époque, Le Roman de Renard (vers 1175) et surtout Tristan et Iseult écrit par un Trouvère nommé Béroul, qui connut un énorme succès.

(Source : Histoire de France Universalis)

Les Croisades.

En 1187, après avoir anéanti l'armée franque à Hattin, Le Prince d'Égypte Saladin prit Jérusalem, puis presque toutes les possessions latines d'Orient; seules Tyr, Tripoli et Antioche échappèrent à sa domination.

En 1188, l'Occident répondit par une troisième croisade, prêchée par le pape Grégoire 8. L'empereur germanique Frédéric Premier Barberousse, le roi de France, Philippe Auguste, et le roi d'Angleterre, Richard Ier Coeur De Lion, prirent la croix.

Le premier passa par Constantinople et l'Anatolie, mais il se noya accidentellement en Cilicie et son armée se dispersa.

Les deux autres empruntèrent la voie maritime par la Sicile, et allèrent s'associer au siège d'Acre, établi depuis deux ans par les Francs. Après la victoire des croisés devant cette ville en juillet 1191, Philippe Auguste repartit pour l'Occident et Richard n'osa pas attaquer Jérusalem.

Il signa cependant un traité avec Saladin, assurant une trêve de trois ans aux Francs et la liberté de pèlerinage à Jérusalem en échange de celle, pour les musulmans, de se rendre à La Mecque. Quand le roi d'Angleterre partit à son tour (1192-1193), les Francs ne disposaient plus que de Saint-Jean-d'Acre et de quelques villes côtières étroitement contrôlées par les Italiens.

(Source : Encyclopédie Hachette Multimédia 99)

La Reconquista.

Depuis 1118 et la prise de Saragosse, les frontières de l'empire musulman ont été repoussées au sud de L'Ebre.

Depuis la reconquête marque le pas; l'arrivée des Almohades du Maroc a renforcé les musulmans; les rivalités des royaumes chrétiens se sont accentuées et le Portugal s'est séparé de la Castille; enfin, l'Aragon uni à la Catalogne a négligé la reconquête pour se tourner vers le commerce méditerranéen et les affaires dans le sud de la France.

(Source : Encyclopédie Hachette Multimédia 99)

Les Cathares

Histoire.

Depuis le milieu du 12ème siècle, l'hérésie cathare a pris une extension de plus en plus grande dans le midi de la France où s'est tenu, en 1176, à Saint Félix de Caraman, près de Toulouse, un concile qui a précisé l'organisation du culte et d'une véritable Église cathares.

La lutte entreprise par l'Église contre ces hérétiques, avec des moyens traditionnels ou pacifiques, n'a connu que des déboires. La prédication habituelle animée surtout par des cisterciens - saint Bernard en tête qui prêcha à Albi en 1145 - fut un échec complet. En 1181, l'abbé de Clairvaux, Henri, cardinal d'Albano, a conduit contre la ville de Lavaur une expédition militaire sans lendemain.

Doctrine et Pratiques.

Comme dans toutes les religions dualistes, le problème du Mal est au cœur de la doctrine: comment Dieu, bon par nature, pourrait-il vouloir le mal? Deux principes s'affrontent pour la domination de l'Univers: celui du Bien, d'où émanent lumière et esprit; et celui du Mal, qui n'est que ténèbres et matière.

Le monde, créé par Satan, un ange déchu, est matière, tout comme le corps de l'homme; mais, dans cette enveloppe vile, une parcelle d'esprit divin a été enfermée lors de la lutte opposant Satan et ses démons à Dieu. La vie apparaît donc comme une cruelle pénitence au cours de laquelle l'homme doit chercher à se purifier de façon à libérer cette parcelle divine; une seule vie n'y suffit pas toujours, d'où la croyance en la réincarnation. Enfin, le mythe s'achève sur une vision apocalyptique: le monde sensible, œuvre de Satan, sera définitivement anéanti.

(Source : Encyclopédie Hachette Multimédia 99)

Innocent 3.

Giovanni Lotario comte de Ségni, élu pape le 8 janvier 1198 sous le nom d'Innocent 3, est considéré comme le plus grand pontife du Moyen Age. Il étudia la théologie à Paris et le droit canonique à Bologne, puis fit carrière à la curie et fut nommé cardinal en 1190. Intellectuel et homme d'action, préoccupé en premier lieu de remplir au mieux sa fonction religieuse, il fut un chef à la décision rapide et autoritaire.

Prenant conscience de la situation de l'Occident marquée par les prétentions de l'empereur et par l'affermissement des monarchies française et anglaise, rendu inquiet par les progrès de l'hérésie et par les critiques adressées au clergé, il voulut exalter au mieux la justice et la puissance du Saint-Siège de façon à renforcer la cohésion temporelle et spirituelle de la Chrétienté sous son autorité suprême. Mais il n'entendait pas exercer celle-ci d'une façon directe. Ainsi que l'expriment ses théories politiques inspirées de son maître Huguccio, il estimait que l'empereur et les rois tenaient directement de Dieu leur pouvoir et accomplissaient comme ils l'entendaient leur office dans leur domaine, de même que le pontife dans le sien. Toutefois ce dernier, parce qu'il est le vicaire du Christ, peut exceptionnellement (en l'absence de toute juridiction compétente ici-bas pour arrêter une décision ou en cas de péché grave) se substituer à eux et prendre des mesures à leur encontre.

Pour réaliser un tel programme, il fallait d'abord obtenir de l'Empire qu'il renonçât à la domination de l'Italie afin de préserver la liberté de l'État pontifical. Dès 1198, les princes électeurs germaniques s'étant divisés et ayant élu deux monarques, Innocent 3, sollicité, confirma et appuya celui qui lui semblait le plus favorable à sa politique, le guelfe Otton de Brunswick. Il prit fermement position contre le gibelin Philippe de Souabe.

(Source : Universalis)

Philippe Auguste.

Fils de Louis 7, Philippe 2 Auguste trouve à son avènement un domaine florissant mais restreint, comprenant l'Ile de France, l'Orléanais et une partie du Berry. Le reste du royaume est partagé en une dizaine de fiefs sur lesquels le roi n'a qu'un droit théorique de suzeraineté, surtout quand il s'agit des provinces de l'Ouest réunies dans la dépendance du roi d'Angleterre Henri II Plantagenêt. Le jeune roi entreprend immédiatement d'accroître son domaine et de tirer parti des rivalités entre les grands.

En avril 1180, il épouse Isabelle de Hainaut qui lui apporte l'Artois en dot. Mais il entre bientôt en conflit avec le comte de Flandre, et une grande coalition féodale est nouée: le roi parvient à la défaire (traité de Boves,1185), et rattache à la couronne les comtés d'Amiens, de Montdidier et les châtellenies de Roye et de Thourotte.

Philippe Auguste soutient Henri puis Geoffroi contre leur père Henri 2 d'Angleterre. Un coup de main sur Issoudun lui permet d'acquérir une partie du Vermandois tandis qu'il marie sa fille à Jean sans Terre, fils du roi d'Angleterre (1187). La lutte n'en continue pas moins jusqu'à la capitulation de Henri 2 à Azay le Rideau le 4 juillet 1189.

Richard Coeur de Lion, devenu roi, part pour la croisade avec Philippe Auguste; l'entente n'est que passagère, et le roi de France, rentré précipitamment (1191), intrigue contre son allié devenu le rival de Jean sans Terre et, surtout, du duc d'Autriche qui arrête Richard à son retour et le livre à l'Empereur. La lutte reprend à la libération de Richard (1194) et tourne nettement à l'avantage de Coeur de Lion.

Après la mort (1190) de sa première femme, Isabelle de Hainaut (avec laquelle il s'était marié en 1180), Philippe épouse Isambour de Danemark (1193); une aversion maladive la lui fait répudier aussitôt. Il obtient le divorce d'une assemblée d'évêques complaisants et fait enfermer Isambour dans un couvent. En 1196, il se marie avec Agnès de Méran.

(Source : Histoire de France Universalis)

Richard Coeur de Lion.

Troisième fils d’Henri 2 Plantagenêt et d’Aliénor d’Aquitaine, duc d’Aquitaine dès l’âge de onze ans, Richard Cœur de Lion participe, avec son frère aîné Henri le Jeune, à la grande révolte de 1173-1174 contre Henri 2, révolte soutenue par le roi de France Louis 7.

Battu, il se soumet et aide son père à mater la rébellion des seigneurs aquitains en 1183. À la mort d’Henri le Jeune (1183), il devient l’héritier du trône. À nouveau en conflit avec son père, il prête hommage à Philippe Auguste pour toutes les possessions des Plantagenêts dans le royaume de France (1188) et participe aux côtés du Capétien à la campagne qui se termine par la défaite et la mort d’Henri 2.

Devenu roi, Richard se trouve face à son allié de la veille mais, Jérusalem étant tombée entre les mains des infidèles, les deux souverains prennent la croix à la suite de l’empereur Frédéric Barberousse déjà parti pour la Terre sainte. Pour financer l’expédition, Richard puise dans le trésor laissé par son père et vend son indépendance à l’Écosse.

Les deux rois quittent Vézelay en 1190 et hivernent en Sicile où Richard se conduit en maître. Avant d’arriver en Terre sainte, il enlève l’île de Chypre à Isaac Comnène et y épouse Bérengère de Navarre (mai 1191).

Débarqué à Acre, il joue un rôle décisif dans la prise de la ville. Philippe Auguste étant alors rentré en France (août 1191), Richard reste le véritable chef de la troisième Croisade. À la tête d’une puissante armée, il remporte de brillantes victoires sur Saladin (Arsouf, 1191;Jaffa, 1192). Il force l’admiration de l’ennemi par ses prouesses, mais ne peut pénétrer trop longtemps à l’intérieur des terres sous peine de voir ses communications coupées. À deux reprises, il s’arrête à quelques kilomètres de Jérusalem.

Pendant son absence, Philippe Auguste attaque la Normandie et traite avec Jean sans Terre, le dernier fils d’Henri 2, qui s’est emparé de la régence.

Richard signe une trêve avec Saladin (sept. 1192) qui laisse aux croisés le littoral de Tyr à Jaffa et la liberté de pèlerinage à Jérusalem, puis il s’embarque pour l’Occident. Après avoir fait naufrage près de Venise, il est capturé par le duc Léopold d’Autriche qu’il avait humilié en Orient et qui le livre à l’empereur Henri 6. Il n’est libéré qu’en février 1194 à des conditions très dures : une énorme rançon et la reconnaissance de la suzeraineté impériale sur l’Angleterre.

Rentré dans son royaume, il se fait couronner une seconde fois et, au bout d’un mois, gagne la Normandie pour combattre Philippe Auguste. La guerre dure cinq ans; Richard met en défense la Normandie (construction de Château-Gaillard) et remporte des succès importants (Fréteval, 1194; Courcelles, 1198) une trêve imposée par le pape accorde un répit indispensable au Capétien en janvier 1199.

(Source : Universalis)