Histoire de l'Ordre du Temple.

Les origines du Temple.

1095. Le pape Urbain 2 lance un appel aux chrétiens pour qu'ils délivrent les Lieux Saints tombés aux mains des infidèles. Au cri de "Dieu le veut", des milliers de paysans, soldats et chevaliers venus de toute l'Europe se lancent dans la première Croisade

Le 15 juillet 1099, Godefroy de Bouillon pose le pied sur les remparts de la Ville Sainte. Tous les habitants sont massacrés par les croisés ivres de leur victoire. Godefroy de Bouillon est élu Avoué du St Sépulcre, refusant de porter la couronne d'un roi là où le Christ avait porté une couronne d'épines. Une fois leurs dévotions faites au tombeau du Christ, la plupart des nobles repartent. Godefroy reste seul avec 300 chevaliers et 2000 piétons pour défendre les possessions franques déjà menacées par quelques princes Sarrazins.

C'est dans ce contexte que neuf chevaliers, sous l'impulsion d'Hugues de Payns et de Godefroy de Saint-Omer, décident en 1118 de vouer leurs existences à la défense et à la protection des chemins empruntés par les pèlerins.

Pendant neufs années, Hugues et ses huit compagnons vivent d'aumônes, et passent leurs journées à convoyer les pèlerins, à surveiller les routes et à prêter main forte au roi. Ces chevaliers réalisent pour la première fois le modèle de la chevalerie parfaite et morale qui ne veut pour elle-même ni bien ni gloire. Ce sont les premiers véritables "miles Christi", les premiers chevaliers du Christ.

Baudouin 2, Godefroy de Bouillon, comprend vite l'intérêt qu'il y a à disposer d'une force d'intervention d'élite permanente. Il installe les neuf chevaliers dans son ancien palais, le Temple de Salomon. De ce lieu, les chevaliers sont vite appelés chevaliers du Temple, puis Templiers.

Baudouin, appuyant de toutes ses forces la jeune milice, envoie Hugues et quelques uns de ses compagnons auprès du pape afin qu'il légitime le nouvel ordre. L'évêque de Rome est rapidement séduit, mais les chevaliers posent un problème totalement nouveau, puisqu'ils allient une fonction monastique à une mission militaire. Le droit canonique autant que la pensée populaire interdisent aux moines de verser le sang. Ou faut-il alors ranger les Templiers ? Quelle Règle leur donner ? Que faire de ces moines soldats dont tous sentent bien pourtant l'intérêt ? C'est à saint Bernard, abbé de Clairvaux, alors véritable héros de toute la chrétienté, qu'Hugues de Payns fait appel.

En 1128, l'abbé réunit à Troyes un grand concile qui fixe définitivement la règle de vie de la "milice des pauvres chevaliers du Christ". Suite au concile de Troyes, la notoriété du Temple se répand à une rapidité époustouflante. L'affluence des dons est considérable. Hugues, premier Maître de l'Ordre et ses frères se dispersent dans toute l'Europe et visitent les régions pour présenter le Temple et recueillir les donations qui serviront à générer les fonds nécessaires à la guerre sainte et à recruter les nouveaux membres.

L'histoire de l'Ordre du Temple est dès lors une longue suite de petits faits d'armes et de grands exploits, de chevauchées quotidiennes pour protéger routes et pèlerins, d'ambassades épineuses et de missions délicates. Tous gardent toujours en têt la phrase inscrite sur la page de garde de la Règle, qui résume la difficulté permanente de leur double mission, toute autant militaire que religieuse : «memento finis»; Songes à ta fin et Penses à ton but.

(Source : B. Clerc - Miles Christi)

Histoire récente de l'Ordre du Temple.

En 1199, l'Ordre du Temple est devenu une institution importante, qui possède des terres et des châteaux à travers toute l'Europe. Mais son prestige militaire a été grandement affecté par la défaite d'Hattin ou plus de 200 Templiers ont été décapités par Saladin, ainsi que par la perte de Jérusalem la même année.

Dès lors les Soldats du Christ ne peuvent plus remplir leur fonction premère de gardiens du Saint Sépulcre, et l'Ordre recrute activement pour pouvoir reprendre le plus rapidement possible la ville sainte.