Episode 1 : Menaces sur Guernac

L'Alliance de Guernac est désormais fondée, mais cela ne semble pas plaire à tout le monde dans la région, et déjà certains vont tenter de faire chuter le jeune édifice, si possible en entraînant Engueran dans la disgrâce.

Séance 1 : La Gargouille ensanglantée. (Mars 1199)

gargouille

Tout commence lorsque les villageois de Langeac montent au château, traînant un homme qu'ils ont roué de coups et qu'ils accusent du meurtre du curé, le père Hugues. Immédiatement alerté, le Baron Enguéran fait enfermer le suspect et, après avoir laisser frère Hylé calmer la foule, se rend, accompagné de plusieurs membres du château (Frère Hylé, Isengrin, Platime et Aubert), à l'église ou le meurtre a été commis.

Arrivés sur place, les personnages découvrent que le prêtre a été noyé dans son bénitier mais qu'il s'est débattu et qu'il a sans doute blessé gravement son assassin, en lui ouvrant la tête contre une des gargouilles qui ornent le lieu. Les personnages remarquent aussi une odeur de soufre; mais frère Hylé, en bon alchimiste, se rend compte qu'un mélange sulfuré a été versé dans le bénitier et les puits du village, sans doute pour faire passer ce crime sur le compte de la Diablerie.

Enguéran décide alors de faire porter le corps du malheureux prêtre dans la chapelle du château, et invite les villageois à venir s'y recueillir, sous la direction de frère Hylé.

Après la bénédiction, les villageois regagnent leur demeure, et les personnages décident d'interroger le suspect. Tout semble accuser l'homme, les villageois se sont saisis de lui après avoir découvert le corps du curé, et en le fouillant, ils ont découvert qu'il dissimulait sous son manteau l'encensoir de la victime...


nterrogé par nos personnages, l'homme déclare se nommer Siméone, et être un diplomate italien venu à Guernac proposer ses services. Interrogé sur le crime, l'homme nie calmement et donne une version étonnante des faits : Alors qu'il se rendait, tôt ce matin, à Guernac, il a découvert sur les bords du chemin un homme agonisant, gravement blessé à la tête. Avant de mourir, l'homme lui aurait parlé d'un complot contre Guernac, mené par un baron voisin, dont il n'eut pas le temps de révéler le nom. Souhaitant réunir tous les éléments avant d'alerter le Baron de Guernac du danger, notre suspect déclare avoir fouillé le mort, et c'est là qu'il aurait trouvé l'encensoir (ainsi qu'une dague, et un sac content les restes d'une poudre malodorante). Pensant, en ce dimanche, trouver les gens du château à la messe, Siméone explique qu'il s'est donc tout naturellement rendu à l'église, et c'est ainsi qu'il a été saisi par les villageois, qui trouvant l'encensoir, ont cru trouver le coupable...

La version, bien que surprenante, comporte quelques éléments qui font douter les personnages : primo Siméone est chauve, or la gargouille ensanglantée portait des traces de cheveux, et il n'a pas de blessure grave à la tête; secondo le corps du prêtre était froid quand on l'a découvert, le crime a eu lieu durant la nuit, pourquoi Siméone serait-il resté, l'encensoir à peine dissimulé sous ses vêtements, jusqu'au matin, au risque de se faire prendre; tercio, Jules, un nain bouffon, affirme avoir fait la route de Guernac à Langeac avec Siméone. Enfin le prêtre était un homme robuste, et il paraît surprenant que Siméone, qui ne semble pas très physique, ait pu lui maintenir la tête sous l'eau jusqu'à le noyer.


latime alors propose d'interroger Siméone et Jules (le nain étranger qui fournit au suspect un alibi) et de s'aider de sa magie pour détecter les mensonges prononcés. Les deux hommes acceptent (avaient-ils le choix ?), et, interrogés par les autres personnages ils déclarent, sans que tromperie soit perçue par le Mage, n'avoir pas participer à ce crime ni à aucun complot contre Guernac. Cela suffit-il à les innocenter ? Hélas pour eux Platime explique que sa magie n'est pas infaillible, qu'il n'existe pas de vérité absolue et que le mensonge n'est qu'une vision illusoire de la réalité... (Platime est membre de la Maison Criamon).

Le seul élément concret pouvant être vérifié reste la présence ou non du corps de l'assassin que Siméone déclare avoir abandonné au bord du chemin. Messire Enguéran, accompagné d'Aubert et de Siméone, se rendent sur les lieux. Hélas pour Siméone, le corps, s'il a un jour existé, semble s'être volatilisé, seules quelques traces de sang séché dans l'herbe couchée, pourraient faire penser qu'effectivement un homme blessé à stationner quelques temps à l'endroit désigné par notre diplomate.

Quand les personnages reviennent au château, en début de soirée, l'affaire est loin d'être close, Les personnages doutent de la culpabilité de Siméone, mais rien ne leur permet de s'orienter vers une autre piste, et tous savent que les villageois aujourd'hui, les autorités ecclésiastiques demain voudront un coupable, et qu'ils exigeront que celui-ci soit châtié...

Séance 2 : Le messager.

Lorsque les personnages se réveillent, en ce lundi 15 mars 1199, ils savent que la situation ne leur est pas favorable : ils n'ont aucune piste sérieuse concernant l'assassinat du prêtre, et ils craignent que le complot qu'ils supposent ne leur attire d'ici peu d'autres drames.

Vers 11 heures, alors que le baron et ses hôtes sont encore en train d'analyser les événements de la veille, on leur annonce que le Baron de Mercoeur et le frère Antonio Galluchi demandent à être reçus au château. Tandis que l'on dissimule Siméone derrière une tenture, les deux hommes et leur escorte entre dans la salle.

Le puissant baron de Mercoeur, dont les déplacements sont devenus exceptionnels, est venu au château de Guernac pour demander des comptes : Il a en effet trouvé l'un de ses messagers, mort sur son cheval, à la frontière des deux baronnies; et il pense que l'homme a été tué, d'une pierre de fronde en pleine tête, sur les terres de son voisin. Qui plus est, le message que devait acheminer le cavalier a disparu.


nguéran, qui fait vite le rapprochement entre ce mort et le cadavre disparu de Siméone, préfère jouer la prudence; il refuse d'accepter comme acquis le fait que l'homme ait été tué sur ses terres, et promet à Mercoeur que si c'est les cas, il retrouvera le coupable. Cette attitude ne semble pas plaire au Baron de Mercoeur, qui va jusqu'à menacer Guernac d'envoyer ses hommes mener eux-mêmes l'enquête.

Frère Antonio Galluchi, que frère Hylé ne semble guère apprécier, n'est venu que parce que le Baron de Mercoeur était son hôte au moment des faits, et que la lettre qui a été volée lui était destinée. Il demande à être tenu au courant de cette affaire, ainsi que de l'enquête visant le meurtre du prêtre. Il profite de sa venue pour faire savoir qu'il est au courant de la fondation de l'Alliance, et que l'Ordre d'Hermès ne lui est pas totalement étranger, mais il se garde bien d'exprimer un quelconque jugement sur le sujet...

Le baron de Mercoeur, qui ne semble pas décolérer, part, accompagné du moine italien, se reposer à l'auberge de Langeac. Isengrin en profite pour se métamorphoser en renard et suivre la petite troupe. Il apprend ainsi que Mercoeur semble de bonne foi, et qu'il ne croit pas que Guernac ait volé la lettre.


endant ce temps, Godefroy, l'un des chevaliers du Baron de Guernac, décide de se rendre à nouveau à l'endroit où Siméone déclare avoir vu le mort; Aymar l'accompagne. Sur place ils découvrent de nouveaux indices, des traces dans la boue semblent indiquer que l'on a traîné un corps avant de le hisser sur un cheval. Ainsi la réapparition du cadavre, presque 24 heures après sa mort, pourrait avoir une explication : deux hommes l'auraient dans un premier temps caché, avant de le remettre en selle pour le faire réapparaître, juché sur sa monture, quelques heures plus tard...

Les autres personnages continuent leurs réflexions : Si ce n'est pas Mercoeur, alors il faut se méfier de Digons, l'autre baronnie voisine. Siméone et Isengrin se mettent alors à élaborer un plan basé sur la supposition suivante : Quelle que soit l'origine du complot, il visait Guernac (le baron ou les mages), et le fait que Siméone soit désigné comme coupable innocente les membres du château, l'adversaire va donc devoir réagir avant que sous la torture, Siméone n'avoue le crime (les autorités ecclésiastiques, qui ne tarderont pas à arriver, n'hésiteront pas à utiliser un tel procédé pour s'assurer de la culpabilité du suspect). Enguéran fait donc annoncer aux villages avoisinants que le coupable a été trouvé, et que l'on attend les envoyés de l'évêque pour clore cette affaire.

La nuit se passe sans incident, mais le lendemain, alors que les personnages s'attendaient à une action spectaculaire de leur ennemi, un fait nouveau vient gâcher leur plan : Herbert, un aubergiste de Digons, vient apporter son témoignage; il affirme que Siméone a passé la nuit du crime chez lui (ce que Siméone confirme peu après) et appuie son témoignage en citant les noms de nombreuses personnes ayant aperçu cet étranger dans son établissement... Les personnages qui voient leur plan s'effriter même s'ils se doutent que ce témoignage n'a rien de spontané, laissent repartir l'aubergiste, qui s'empresse de colporter la nouvelle dans la région...


Séance 3 : L'auberge de la vérité.

es personnages sont désormais convaincus que le coupable se trouve à Digons, et qu'il a payé l'aubergiste pour qu'il vienne disculper Siméone. Pour obliger leur ennemi à jouer de nouvelles cartes et ainsi se dévoiler un peu plus, Isengrin et Enguéran décident alors de trouver un nouveau coupable, et c'est naturellement qu'ils se tournent vers Jules, le nain arrivé en même temps que Siméone sur les lieux du crime. L'Italien n'est pas pour autant disculpé, il devient officiellement l'instigateur du meurtre, ainsi Guernac demeure à l'abri de toute accusation, ce qui devrait continuer à contrecarrer les desseins du véritable instigateur.

Pendant que l'annonce est rédigée, Platime, escorté par Godefroy et Aubert, se rend à l'auberge de Digons; il souhaite, grâce à sa connaissance du Mentem, en savoir un peu plus sur les motivations de l'aubergiste.

Godefroy s'étant arrêté à la frontière entre les trois baronnies, Aubert et Platime s'en vont commander un repas dans une chambre de l'auberge. Lorsqu'ils se retrouvent seuls avec l'aubergiste venu débarrasser les plats, Platime jette sur celui-ci un sort qui l'oblige à prononcer la vérité. Confus mais devenu incapable de mentir, l'aubergiste répond malgré lui aux questions d'Aubert, et avoue que Sir Hugues, le premier chevalier d'Ithier de Digons, l'a payé pour venir témoigner.


lors que les personnages commencent enfin à avoir des éléments contre leur ennemi, un évènement va précipiter les choses; le 18 Mars au matin, Frère François de Castelane, accompagné du père Thierry et de plusieurs hommes d'armes, arrive au château de Guernac. Le moine dominicain arrive sur ordre de l'évêque du Puys pour rendre justice et châtier les coupables du meurtre.

Pour les personnages, il n'est plus question de perdre du temps, faute de quoi Jules et Siméone finiront sur la roue, car nul ne doute que le bourreau amené par frère François sera capable d'extirper les aveux des deux suspects.

Interrogés une première fois, les deux malheureux gagnent du temps et devant l'absence d'aveux clairs, le moine dominicain est contraint de reporter les interrogatoires au lendemain, le temps de permettre à ses hommes d'installer les instruments nécessaires pour obtenir des aveux plus clairs. Enguéran, propose alors au frère d'inviter les Barons voisins à assister aux interrogatoires, afin que tous puissent entendre la vérité sur cette affaire qui a perturbé la région toute entière.


n ce jeudi 18 Mars, arrivent successivement à Guernac le Baron de Mercoeur, suivi d'Ithier de Digons, de son chevalier Hugues et d'Antonio Galluchi, en sa qualité de représentant du Dauphin d'Auvergne.

Les suspects sont à nouveau présentés devant frère François qui commence son interrogatoire. Interrogé en premier, Siméone nie être l'auteur du crime, ce que Sir Hugues confirme de suite, il était à l'auberge de Digons et se souvient bien d'avoir vu Siméone la nuit du meurtre. Le moine se tourne alors vers Jules, mais il sait déjà que le nain ne peut être l'auteur du crime, sa taille ne lui permettant pas de vaincre le père Hugues dans un corps à corps.

Sir Hugues et Ithier de Digons prennent la parole pour achever de convaincre le juge que les deux suspects ne sont pas les auteurs du crime, et qu'il faut peut être chercher la vérité ailleurs. C'est le moment que choisit Siméone pour contre attaquer, il commence par conter l'histoire du messager, et rapidement accuse Sir Hugues d'avoir payé ce dernier pour venir empoisonner les puits et le bénitier de Langeac. Sir Hugues s'emporte, tous sont sur le point de dégainer leurs épées, mais frère François impose aux chevaliers présents de poser leurs armes, et fait garder la salle par ses hommes.


sengrin accuse à son tour Sir Hugues d'avoir payé l'aubergiste pour disculper Siméone; on convoque ce dernier, qui craignant de mentir sous serment, avoue avoir reçu de l'argent pour venir apporter son témoignage. Sir Hugues qui voit sa défense s'écrouler avoue à son tour, sous le regard ulcéré de son seigneur.

L'affaire est simple, Sir Hugues, sur ordre de son seigneur, a payé le messager de Mercoeur pour empoisonner les puits et le bénitier, mais l'homme a été surpris par le prêtre, et c'est sans doute en se débattant pour s'enfuir qu'il a tué le prêtre.

Frère Antonio Galluchi, en entendant les aveux de Sir Hugues, s'empresse alors de prendre l'affaire résolue à son compte; l'assassin du prêtre étant mort, et les commanditaires n'ayant pas prémédités le meurtre, l'affaire n'est donc qu'une querelle de vassaux, et il est le seul homme présent à pouvoir juger de telles affaires. Il défait Sir Hugues de son titre de noblesse, et condamne Ithiers de Digons à prendre la robe monacale. La baronnie de Digons, désormais aux mains de Béatrice, la jeune soeur d'Ithier, devra en outre payer Guernac pour les dommages subits.

Frère François ne peut que s'incliner devant la décision de l'envoyé du Pape, et il se contente d'annoncer que le père Thierry est nommé prêtre de Langeac, sans doute souhaite-t-il placer l'un de ses proches afin de mieux surveiller les agissements des Mages dont il vient d'apprendre la présence.

Epilogue.

thier de Digons est entré dans les ordres comme il lui fut demandé. Il fut envoyé au monastère de Chanteuges, non loin de ses terres. Dans un entretien avec le prieur de Chanteuges, il a justifié ses actes par la crainte de voir des mages s'installer à Guernac. Ithier a déclaré ne pas se souvenir de la manière dont il s'était fourni la substance sulfurée...

Hugues a été déchu de son titre de chevalier, et il a du partir faire pèlerinage en Terre Sainte, afin d'expier ses fautes.

Odilon de Saint Nectaire a été désigné pour assurer la régence dans la baronnie de Digons, en attendant la majorité de Béatrice (âgée de 13 ans en 1199).

La Baronnie de Digons paya pour les dommages causés à ses voisins, 300 livres ont été versées à la Baronnie de Guernac, et 200 à celle de Mercoeur...