Les Ailes du Monarque.

Cette aventure va conduire pour la première fois les personnages au cœur d'un «regio féerique», et leur faire apercevoir ce monde burlesque et ses habitants. Pour certains ce voyage sera l'occasion d'en apprendre un peu plus sur leur origine.

Pour comprendre certains aspects de cette aventure, liés à la nature du lieu où elle se déroule, il est impératif de se remettre en mémoire les aventures de la «Pierre aux Fées».

n ce 15 décembre 1199, la neige a recouvert la baronnie de Guernac; réunis autour du baron Enguéran dans la grande salle du château, les personnages préparent leur prochaine aventure; à la demande d'Erwan et de Magmaerus, ils ont décidé de retourner explorer la Pierre aux Fées.

Le lendemain, après que Magmaerus et Lietgard aient dégagé l'entrée de l'escalier découvert la dernière fois et que les Mages aient abaissé leur Parma Magica, les personnages pénètrent dans le souterrain enchanté qui réduit leur taille et les mènent jusqu'à la rivière où ils s'étaient arrêtés.

A l'aide d'un parchemin fourni par Solemus, Lietgard crée deux barques qui permettent aux personnages de poursuivre leur voyage interrompu. Se laissant entraîner par le courant, les personnages descendent ainsi pendant de longues minutes à la lueur de leur torche, ramant de temps en temps pour maintenir les barques dans l'axe du cours d'eau et éviter les quelques obstacles qui se présentent à eux. Les deux embarcations arrivent ainsi sans encombres jusqu'à un lac dont les berges sont trop éloignées pour apparaître à la lueur des torches.

Snoz, gobelin dresseur

Alors que les personnages se dirigent, un peu au hasard, vers une des berges du lac, ils entendent des bruits d'eau et des cris étranges qui semblent venir dans leur direction. Dégainant leurs armes, préparant leurs sortilèges offensifs, les hommes de Guernac scrutent l'obscurité en direction des cris. Bientôt ils voient apparaître deux humanoïdes chevauchant des poissons dont la taille dépasse celle des barques.

Magmaerus qui a reconnu des «gobelins dresseurs» interpelle les deux créatures féeriques qui, tout sourire, s'arrêtent à quelques pas des embarcations. Mais à peine Enguéran a-t-il eut le temps de se présenter qu'Erwan alerte l'assemblée, un serpent géant fend les eaux du lac et se dirige droit sur eux!

Pris de panique à la vue du monstre, les gobelins tentent de s'enfuir, mais le gigantesque reptile se lance à la poursuite de l'un d'eux. Le malheureux fuyard, espérant de l'aide, tente de revenir en direction des barques, ce qui permet à Jules de tirer un carreau de sa nouvelle arbalète qui blesse la bête, qui dans le même temps se fait harponner par le second gobelin revenu aider son compagnon.

Le gobelin dirige sa monture avec talent et passe entre les deux esquifs; voyant le monstre s'approcher, Magmaerus fait jaillir son Phœnix qui hélas se noie avant d'atteindre sa cible. La bête passe à son tour entre les barques, offrant ses flancs aux coups d'épée d'Enguéran, de Godefroy, d'Erwan et de Clébert. Mais les lames peinent à traverser les écailles du monstre; alors Enguéran, n'écoutant que son courage, saute sur le serpent qu'il harponne de son épée, et il est bientôt rejoint sur le dos de la bête par le second gobelin. Les autres personnages regardent bouche bée le baron de Guernac s'éloigner...

La bête est blessée, mais elle n'a pas ralenti sa nage et a fini par rattraper sa proie qu'elle se prépare à dévorer... Elle ouvre sa gueule, va pour la refermer sur le petit être fée quand, venues du ciel, deux pattes s'emparent du dresseur gobelin; délesté de son cavalier le poisson plonge laissant les crocs du serpent se refermer dans le vide... Au même instant, deux autres pattes viennent se saisir d'Enguéran et de son nouveau compagnon. Ainsi porté par une chauve-souris, notre baron achève son voyage jusqu'aux berges du lac souterrain où il est bientôt rejoint par le reste de la troupe.

Stin

Contents de ne pas avoir été dévorés par le serpent géant et sensibles à l'aide apportée par les personnages, Stin et Snoz, les deux gobelins dresseurs, se proposent pour conduire la troupe auprès du Roi Odal qui règne sur cette contrée. Les deux fées appellent pour se faire leurs montures, deux souris blanches, qui, en se serrant un peu, permettront à la troupe de voyager jusqu'au palais.

Et c'est ainsi, confortablement assis sur le dos d'une souris, que le baron Enguéran de Guernac et ses compagnons entament leur premier voyage au cœur de la Féerie. Désertes durant les premières heures, les innombrables galeries parcourues se peuplent peu à peu de gobelins mineurs extrayant l'or des sous-sols de Guernac ou de convoyeurs transportant le précieux métal sur des chariots tirés par des rongeurs.

Enfin ils s'arrêtent dans une vaste salle remplie de gobelins. Snoz informe les voyageurs qu'ils sont sur la place royale, et qu'un tel rassemblement signifie que le roi va venir s'adresser à ses sujets.

Quelques instants plus tard en effet, un gobelin obèse, richement vêtu et affublé d'une couronne arrive sur un chaise à porteurs.

- Le Roi se meurt...

Un murmure parcourt la salle,

- Le Roi se meurt et nous n'avons toujours pas les Ailes de la fertilité... Sans elles point de nouveau Roi Blanc, et sans Roi Blanc, un Roi Noir...

L'inquiétude se lit désormais sur les visages des gobelins, comme elle se lit sur ceux d'Erwan et de Magmaerus qui ont compris la gravité des propos.

- Y aura-t-il encore de courageux volontaires pour tenter de capturer les Ailes de la Fertilité, ou devrons nous nous résoudre à laisser le terrible Roi Noir prendre notre succession et réduire notre peuple en esclavage ?

Le chevalier Erwan, chantre des temps héroïques, et Jules, bouffon porteur de la confiance du Temple*, s'avancent vers le Roi. Un pas derrière Messire Enguéran, Baron de Guernac, interpelle le suzerain :

- Roi Odal, nous irons chercher les Ailes de la fertilité.

Une lueur d'espoir semble s'être mise à briller dans la grotte.

- Sachez que vous devrez affronter les terribles Basilics, gardiens du jardin enchanté, pour pouvoir capturer les Ailes de la fertilité.

- Fournissez nous des montures agiles, des lances affutées et un guide valeureux, et nous vous ramènerons ce que vous nommez «Ailes de la Fertilité».

- Qu'on leur fournisse des souris pour traverser notre royaume, des lances pour affronter les basilics et un filet pour capturer les Ailes de la Fertilité; et que nos dresseurs se portent volontaires pour conduire ces valeureux guerriers vers le jardin enchanté...

tin et Snoz, volontaires malgré eux, emmènent les personnages le long des galeries souterraines qui forment le royaume d'Odal, le roi gobelin. Enguéran, Godefroy, Clébert et Erwan chevauchent chacun une souris, Jules s'est assis devant Clébert, tandis que Lietgard et Magmaerus ont pris place derrière les gobelins dresseurs. Les quelques heures de voyage permettent aux cavaliers de s'habituer à leurs nouvelles montures.

Et, quand les Snoz et Stin s'arrêtent pour expliquer que la salle aux basilics se trouve au bout du couloir, il faut toute la magie persuasive de Lietgard pour vaincre leur peur et les inviter à continuer l'aventure...

Les cavaliers s'élancent et pénètrent à toute allure la salle éclairée par la magie de Magmaerus; devant eux un nombre incalculable de statues de gobelins, héros pétrifiés par les monstres au cours des siècles; à l'autre extrémité de la salle, un halo lumineux dévoilant l'entrée du Jardin Enchanté. Sans ralentir sa course, la troupe se faufile dans ce dédale de corps figés; jules qui croit apercevoir une forme reptilienne entre les statues vide son arbalète.

En tête de la troupe, Clébert et Erwan, voient surgir devant eux un basilic, horrible reptile d'au moins quatre pas de long pour deux de large. Mal ajustés, leur coups de lance n'arrivent pas à pénétrer le cuir de la bête, qui d'un violent coup de queue blesse Erwan, qui malgré la violence du choc se maintient sur sa monture.

Quand à Enguéran et Godefroy, qui ferment la marche sont eux aussi pris à partie par un second basilic qui se prépare à souffler son terrible venin dans leur direction; mais Lietgard est sur ses gardes, et désignant le reptile de son bâton, il jette son sort qui vide les poumons de la bête permettant ainsi aux deux chevaliers de la frapper et de passer.

A l'avant Erwan a de nouveau été blessé. Clébert qui a pris un peu d'avance sur son compagnon tente alors une manoeuvre audacieuse : d'un geste sec il force sa monture à faire demi tour et vient s'interposer entre le toque rouge et le monstre. d'un coup de lance il blesse l'animal fabuleux le forçant ainsi à lacher sa proie. Magmaerus en profite pour renverser une statue sur le monstre, bientôt transpercé par les lances de Godefroy et d'Enguéran.

ais le combat est loin d'être fini, la bête un instant immobilisée par la magie de Lietgard a repris sa course et Jules a repéré un nouveau reptile qui se dirige sur la troupe. Erwan, toujours en tête abaisse sa lance, mais en réponse le monstre souffle son venin en direction du chevalier gallois. Le chevalier gallois qui a si souvent conté la légende d'Yvain le mage pétrifié, sent sa peau se durcir et ses gestes se figer; Il sait désormais combien, du haut de son promontoir, son héros a du souffrir avant de s'éteindre définitivement...

Enguéran et Godefroy, qui n'ont pu qu'assister à la scène, chargent et ensemble frappent avec fureur le monstre qui s'affaisse; à peine l'ont ils dépassé que le phœnix de Magmaerus l'enveloppe de ses flammes et l'achève.

Il ne reste plus désormais qu'une bête, que Lietgard et Magmaerus blessent en usant de leur magie pour renverser les statues et les animer au passage du monstre, qui gêné ne peut esquiver la charge mortelle de Clébert, appuyé par Jules qui perfore le reptile d'un carreau d'arbalète.

ébarrassés des monstres, les personnages peuvent enfin franchir la porte qui les mène au Jardin Enchanté, véritable îlot de verdure au cœur de ces souterrains : une douce lueur illumine une végétation printanière d'une incroyable beauté. A quelques pas des personnages, un magnifique papillon géant butine une fleur...

Tandis que Jules s'est emparé du filet féerique et tente de capturer les Ailes de la Fertilité qui volent paisiblement de fleur en fleur, Magmaerus, que Snoz nomme désormais l'héritier des nains forgerons, s'est penché sur le corps pétrifié d'Erwan. Débarrassé de sa fatigue par Clébert, il incante et par sa magie redonne vie aux chairs du toque rouge.

Pendant ce temps, lassé de voir le pauvre Jules lancer maladroitement son filet dans les airs, Godefroy l'impatient se lève, attrape le filet, court sur le papillon qui s'envole, lance son filet et ... capture le précieux animal...

e retour sur la place royale où le peuple gobelin les attendait avec angoisse, Enguéran et ses compagnons remettent comme promis le papillon géant au monarque gobelin :

- Que les Ailes de la Fertilité soient conduites à la salle des Fleurs, et qu'un chariot d'or soit offert aux héros qui ont assurés notre descendance.

Le Roi Odal quitte alors les lieux et, entouré de son peuple, se dirige vers la rivière. Il monte dans une barque finement décorée qu'il laisse partir au grè du courant et quitte ainsi définitivement les siens.

- Le Roi est mort, vive le roi, et que la fête commnce...

Stin explique alors aux personnages surpris par la joie de ses congénères, qu'avec la mort du Roi, les gobelins ont perdu toute raison de travailler, et qu'ils en profitent donc pour faire la fête jusqu'à l'arrivée du nouveau Roi, pas avant de longs mois.

uand enfin les personnages, guidés par Snoz à qui ils offrent un œuf d'Isengrin, quittent la contrée féerique pour rejoindre Guernac, nous sommes le 24 décembre 1199, et pourtant ils auraient juré n'avoir passé qu'une journée en Féerie...


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