Séance plein air.

Ce scénario se déroulant le temps d'une séance plénière de l'Alliance de Guernac, va permettre de mettre en scène l'Ordre d'Hermès au travers de ses lois, de ses traditions et de ses conflits. Essentiellement basée sur les échanges entre personnages, la séance se révèlera un très grand moment de «role-playing» à mes yeux.



En ce 21 mars de l'an 1200, les personnages sont rassemblés dans la tour de Guernac pour assister à la séance plénière de l'Alliance sous la présidence d'Isengrin et le regard d'Enguéran.

En début de séance, Isengrin informe ses Sodalis de la décision prise par le baron d'accorder à l'Alliance 2 des 7 parts de revenus qu'il tirera de la foire. Clébert, Lietgard, Magmaerus et Solemus, sans doute peu au fait des questions matérielles, ne semblent pas comprendre l'importance d'un tel acte et oublient de signifier leur gratitude au baron.

Isengrin reprend la parole pour demander aux membres de l'Alliance de valider sa décision d'utiliser du Vis dans l'affaire de l'Oiseau d'Or. Tous acceptent à l'exception de Lietgard qui d'un trait fustige l'utilisation de Vis pour une affaire concernant le baron, et donc violant la loi hermétique. Clébert le Quaesitor proclame qu'il n'y a pas là entorse au Code et clôt ainsi la discussion.

Le sujet suivant concerne les tâches réalisées par chacun pour le bien de l'Alliance. Tour à tour les mages expliquent les longues heures qu'ils ont passées à préparer l'Aegis, recopier des livres, créer des potions de soins... Isengrin, qui ne peut justifier de tels travaux, se targue d'avoir contribué à l'enrichissement de l'Alliance. Nul ne semblant contredire son propos, il en profite pour annoncer le point suivant : «De l'entrée des nouveaux membres».

Isengrin et Clébert demandent à Jules de présenter sa profession de foi, mais une nouvelle Lietgard proteste et s'indigne du fait que le mortel Jules soit reçu avant le Mage Solemus, lequel semble ne pas prendre ombrage de l'offense. Utilisant habilement son art de la comédie, Jules montre son désir d'appartenir à l'Alliance par quelques roulades, jongleries et mimiques bien choisies. A l'exception du Mage Tytalus, tous approuvent son entrée, et le nain s'en va rejoindre Aubert sur le banc des compagnons de Guernac. Dans un style plus traditionnel Solemus expose ses motivations, il est à son tour accueilli dans la confrérie.

Interrompant l'Ordre du jour, Lietgard demande alors à Clébert d'informer l'ensemble de l'assemblée du message qui lui est parvenu récemment. Clébert s'exécute et annonce que les sages de l'Ordre d'Hermès ont décidé que l'Alliance de Guernac serait rattaché au Tribunal de Provence. Rendu furieux par le fait que l'Alliance quitte le Tribunal de Normandie où les Tytalus possèdent leur Domus Magnus, Lietgard accuse les autres mages d'avoir comploté contre lui, tous ont semble-t-il un lien avec le tribunal de Provence, et annonce sa décision de quitter l'Alliance de Guernac. Il quitte rapidement le château, suivi de loin par Enguéran qui souhaite s'assurer que le sombre et coléreux Lietgard évacue ses terres sans esclandre.

Liegtard parti, Clébert, qui a lui aussi été mis en cause par le Mage Tytalus, explique à ses compagnons qu'il a effectivement un lien avec le Tribunal de Provence puisqu'il se nomme en fait Clébert du Cerf de Perthuis et qu'il est l'héritier des terres du même nom situées non loin de la ville d'Aix. Il informe ses compagnons de son désir de récupérer ses terres dont il n'a plus de nouvelles depuis son départ pour l'Orient, et d'en céder les revenus à l'Alliance. Tous accueillent favorablement ce projet.

Ils étudient ensuite les autres tâches à venir et notamment la fabrication d'une épée magique pour le baron. C'est en évoquant ce sujet qu'ils découvrent qu'ils leur manquent plusieurs livres de Vis, et Clébert, encore sous le coup de la colère, n'hésite pas à accuser Lietgard d'être parti avec (il découvrira rapidement la gratuité de son accusation en remettant la main sur le Vis, qu'il avait lui même égaré dans son laboratoire... )

La séance est alors interrompue par le son du tocsin. Tous se précipitent dehors et découvrent dans le ciel un étrange spectacle : un oiseau de proie tenant dans ses serres un bagage, vole en leur direction, poursuivi par un homme volant lançant éclairs et jets de flammes en direction du volatile.

Quelques instants plus tard, alors que les Mages de Guernac ont préparé leurs sortilèges de combat et les compagnons armé leurs armes de jet, l'oiseau s'écrase dans la cour du château, et l'instant d'après arrive son poursuivant qui se présente comme étant Melchior, Quaesitor de la Maison Flambeau, et déclare être à la poursuite de la Mage Aenore, qu'il accuse du meurtre de Platime.

Tous se tournent dans la direction de l'aigle et constatent qu'en lieu et place du rapace est allongée une belle jeune fille vêtue d'une simple tunique et blottissant contre elle un nouveau-né étrangement endormi.

Visiblement épuisée et tremblante de peur, la magicienne essaie non sans mal de se relever en affirmant être membre de l'Alliance de Guernac venue chercher protection contre ce Quaesitor qui l'accuse d'un crime qu'elle n'a pas commis. Mais à peine a-t-elle esquissé un geste que Clébert la pointe de son épée et lui ordonne de ne plus bouger. Melchior ordonne alors aux personnages de s'écarter afin qu'il puisse «exécuter la sentence». L'instant d'après il invoque un jet de flammes en direction d'Aenore qui malgré son Parma Magica s'écroule.

Isengrin, Magmaerus et Clébert s'interposent entre le Flambeau et sa victime qui reprend conscience quelques instants après. Isengrin s'avance alors et la relève tandis que le belliqueux Quaesitor, qui les soupçonne à voix haute de vouloir protéger une meurtrière, les menace d'un Certamen. Excédé par de tels propos et désireux de rester maître chez lui, Isengrin se tourne vers le mage de quinze ans son aîné et accepte le défi, sous le regard bienveillant d'Aenore trop heureuse d'avoir trouvé un allié dans cette histoire...

Après plusieurs minutes d'un spectaculaire combat, Melchior commet une erreur tragique, baisse sa garde et est mentalement vaincu par la créature onirique du jeune Isengrin. Celui-ci s'avance fièrement vers la belle Aénore, lui tend le bras et l'emmène dans la tour du château avec l'espoir de calmer les choses et de connaître enfin les tenants et les aboutissants de cette tumultueuse histoire. Tous les personnages présents suivent le mage victorieux.

Ayant repris ses esprit, Melchior entre à son tour dans la tour et d'un geste bouscule magiquement la table et les chaises et dégage un espace qui lui servira désormais de tribunal. Mais incapable de mener sereinement le mage Flambeau charge Aenore de tous les maux, menacent ceux qui osent l'interrompre et tente à plusieurs reprises de mettre fin à cette audience pour passer directement à la mise à mort de la magicienne.

Les autres personnages sont débordés par la rage et la haine du Quaesitor, et aucun n'arrive à imposer le minimum de sérénité qui permettrait une conduite normal du procès. Aenore, comprenant qu'elle ne peut compter que sur elle même, profite de ces quelques minutes de répit pour reprendre des forces tout en continuant de nier les accusations portées contre elle.

S'excitant par son propre discours, Melchior finit par exploser et lancer une véritable boule qui traverse la pièce en direction de la mage Bjornäer qui plonge avec son enfant et évite de justesse le torrent de flamme. Ne pouvant supporter cet acte insensé Clébert sort son épée et s'approche du Quaesitor qui disparaît soudainement pour réapparaître l'instant d'après quelques mètres plus loin ; une seconde plus tard et avant que quiconque n'ait réagi, Melchior détruit la porte de la tour et s'enfuit dans les airs. Dans un dernier acte de colère, il menace les membres de l'Alliance et jette un terrible éclair en direction de la tour qu'heureusement l'Aegis protège suffisamment pour éviter la catastrophe et réduire les dommages à un incendie rapidement maîtrisé.

Le calme étant revenu, Clébert ordonne la reprise de l'interrogatoire, mais Aenore qui se souvient que le Quaesitor n'a pas hésité à la menacer de son épée lors de son arrivée, se montre arrogante, agressive et peu coopérative.

Dans ce climat tendu, Aenore parvient à expliquer pourquoi elle affirme être membre de l'Alliance : son fils est le fils de Platime et cette filiation fait d'elle une membre de plein droit de l'Alliance de Platime, à savoir Guernac. Après réflexion, Solemus le mage Tremere confirme cette position, en se référant à une jurisprudence établie par Trianoma en personne. Tous reconnaissent la valeur intemporelle d'un principe édicté par la plus réputée des magiciennes de l'Ordre, fille de Bonisagus le fondateur.

Mais Clébert, qui ne semble pas vouloir s'arrêter là se met à douter de la réalité de la filiation, et plutôt que de vouloir découvrir ce qui est advenu de Platime, se met à demander à Aenore des preuves de la paternité du Mage disparu. Solemus et Magmaerus tentent bien d'intervenir et de le raisonner, mais le juge leur intime le silence et poursuit son interrogatoire, s'irritant un peu plus à chaque réponse d'Aenore, qui essaie tant bien que mal de se défendre, face à celui qu'elle perçoit de plus en plus comme un nouveau Melchior.

Tandis que les mages de l'alliance, à l'exception notable d'Isengrin, tentent une nouvelle fois de calmer le Quaesitor qui visiblement a perdu toute capacité de discernement, Jules prend soudainement la parole pour déclarer : "Elle est innocente !". Interrogé sur le sens de ses paroles, il explique que c'est son sens du bien et sa foi qui lui permettent d'affirmer cela.

Isengrin demande alors à Clébert, l'homme de Dieu, d'entendre la voix de celui à qui les compagnons du Temple ont confié "Le prix du Précieux", mais rien n'y fait et désormais le Quaesitor exige d'Aenore qu'elle baisse son Parma afin qu'il puisse par un sort Intelligo déterminer le lien de parenté entre Platime et le nouveau-né ; mais Aenore qui vient grâce à protection magique d'échapper à la boule de feu de Melchior refuse obstinément de baisser sa garde.

Après de longues négociations, elle accepte que Clébert, sous le contrôle de ses pairs, jette un sort sur elle uniquement. Clébert s'exécute et tente de percevoir les liens qui ont pu unir la Mage Bjornäer à Platime, mais, mal préparé, son sort échoue...

Après quelques instants de réflexion, il déclare considérer le fait qu'Aenore ait accepté de baisser son Parma Magica comme une preuve suffisante de sa bonne foi, la déclare membre de plein droit de l'Alliance et lève l'ensemble des charges pesant contre elle, y compris celles l'accusant du meurtre de Platime.

Libre mais exténuée, Aenore quitte l'assemblée de Guernac et d'un coup d'aile rejoint les montagnes environnantes...

Les mages de Guernac tentent de reprendre le cours de leur séance plénière, mais sans grande efficacité ni conviction et bientôt l'aube vient mettre fin aux débats sans qu'aucune décision d'importance n'ait été prise...

A l'issue de cette aventure, le Quaesitor Clébert prononça un jugement à l'encontre de Melchior. Vous pouvez trouver une copie de ce document officiel ici.