Hylé, Moine Alchimiste.

Histoire.

Garçon de stature moyenne mais doté d’une étonnante capacité de résistance, il est d'origine vannetaise, probablement d'origine bourgeoise à la vue de son éducation. Il n’évoque que très rarement son passé si ce n’est le songe qui l’a conduit jusqu’à Guernac. On peut légitimement supposer un traumatisme dont les séquelles se révèlent lorsqu’il entend le tonnerre gronder. Pour une raison inconnue, l’orage le terrorise et constitue l’un des rares obstacles insurmontables par cet homme doté d’une volonté de fer.

Oblat à 14 ans au monastère de Saint Gildas du Rhuis, il nourri une fascination pour les sciences alchimiques dont il a eu connaissance dans des grimoires légués par son père. Convaincu que Dieu dissimule son génie au vulgaire pour ne le révéler qu'aux initiés, il donne comme but unique à sa vie de travailler ces arts pour en découvrir la Vérité Ultime. Il y consacre chaque instant de veille qui n'est pas occupé par la prière ou par son rôle d'hospitalier auquel sa compassion naturelle lui commande de travailler.

Dans sa vingtième année, fatigué d'être mis à l'index par ses frères qui voient d'un fort mauvais oeil ses activités occultes, il préfère partir en ermite sur les routes, à la recherche d'un signe de Dieu. Vivant fort chichement de menus travaux d'écriture et des soins prodigués aux plus riches, contre quelques pièces, comme aux plus pauvres, contre un quignon de pain, il parcourt les routes de France jusqu'au jour où le signe tant attendu prend la forme d'un songe étrange :

Une nymphe à la vêture diaphane et à la beauté éclatante semble sortir du tronc du chêne contre lequel il était endormi. Elle lui tient se langage :

- J'ai entendu du sein de cet arbre sacré le redit de tes malheurs. Ils sont grands sans doute mais tel est le sort où l'ambition conduit la jeunesse qui croit affronter tous les dangers pour satisfaire ses désirs. Je n'ajouterai aucune réflexion pour ne pas aggraver tes malheurs, je puis même les adoucir. Mon essence est céleste, tu peux me considérer à l'image de la Polaire qui guide tes pas. Ma puissance est telle que j'anime tout : je suis l'esprit astral. Je donne la vie à tout ce qui respire et végète, je connais tout. Parle !

- O céleste nymphe, tu peux ranimer en moi un cour abattu par le malheur en m'aidant sur la voie de la compréhension du Grand Univers, sur l'immortalité de l'âme et sur la connaissance de la Pierre qui guérit et transforme le vulgaire en divin. Je suis brisé par l'épreuve. Accorde moi la grâce d'avoir un rôle en ce monde.

- Ton fardeau est bien lourd. Ecoute, réunis tes facultés et grave dans ta mémoire le récit qui va suivre. Vois au delà du simple pour rendre ces dires sensibles à ton intelligence. Contemple la table de sinople à la transparence sans pareil, vois ses douze lois et façonne toi à son image comme le Grand trois fois mage. Dessine une figure au nombre de faces égales à deux fois la somme des formes de vie. Elle est l'image de la terre où tu erres. Place-toi en son axe et, à l'image de l'Oiseau Radieux, tu renaîtras dans l'athanor de l'un de tes semblables, lieu où il t'a laissé sa place.

La belle s'évaporée aux premières lueurs de l'éveil, il s'est réveillé repus et forts comme aux meilleurs moments de l'existence investi d'une nouvelle quête : trouver ce lieu magique où tout peut changer et où cette nymphe, qu'il considère désormais comme sa muse, pourrait lui apparaître à nouveau.

L'énigme, que la nymphe a voulu simple pour l'épargner, indique clairement que pour renaître tel le Phénix dans les voies de l'alchimie, il faut se rendre au centre d'une figure aux faces dédoublées représentant l'animal, le végétal et le minéral. Cette figure, on le sait, se superpose à la carte des Quatre Gaules de Ptolémée Claude.

Armé d'une nouvelle destinée, fort d'un but le rendant plus fort, rebaptisé pour l'occasion d'un nom rappelant le magnétisme fondamental qui lie les premiers éléments et qui rattache l'âme raisonnable au corps, le bien nommé «Hylè» poursuit sa recherche d'un lieu vers le centre des Gaules où l'un de ses coreligionnaires est passé de vie à trépas. C'est ainsi qu'il découvre Guernac où il se lie d'amitié avec le Baron.

Rattaché à l'abbaye d'Aurillac, connue pour sa tolérance, grâce à l'intersession du Baron de Guernac, il poursuit ses travaux alchimiques. Ses dons d'hospitalier guérisseur et sa piété lui font vite une excellente réputation, réputation encore renforcée après qu'il ait mis fin à une épidémie de fièvres dévastatrice.

Depuis lors sa volonté et sa force naturelle le font travailler nuit et jour soit au chevet de ses malades, soit au Grand Oeuvre.